Road movie alpin
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l'un des plus beaux portraits de femme que l'on ait vu depuis longtemps

L'ECOLE BUISSONNIERE
Il est des injustices incompréhensibles, dont celle de voir les actrices délaissées par les rôles de premier plan passée la cinquantaine. LES PETITES VACANCES, en offrant la vedette à Bernadette Lafont, cinquante ans de carrière, attire donc l'attention. Un intérêt qui va largement se confirmer tout au long de ce premier film surprenant de maîtrise. Olivier Peyon installe ses personnages avec une tendre conviction et distille un talent de conteur assuré, où chaque scène apporte son lot d'émotions véritables, de sourires, de larmes. N'hésitant pas à prendre son temps et à emprunter des chemins de traverse, Peyon livre un scénario tout en non-dits et une mise en scène s'attardant sur les petits gestes et regards pourtant lourds de sens. Cette narration pleine de tact lui permet d'observer avec subtilité la féminité naissante de la jeune Marine et celle déclinante de Danièle. Cet échange entre les âges, ce passage de témoin entre l'adolescente et la mamie, donne aux PETITES VACANCES une dimension bouleversante. Dans ces deux rôles de femmes, Adèle Csech offre une performance très convaincante, et Bernadette Lafont, impériale, est littéralement « scotchante » d'intensité. A la fois drôle, tendre, débordante de colère et de tristesse rentrées, sa Danièle est l'un des plus beaux portraits de femme que l'on ait vu depuis longtemps.
Mcinema.com (Aurélien Allin)